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Max Weber a prononcé deux conférences réunies sous le titre Le savant et le politique, conférences ayant pour objectif de montrer que la politique moderne ne peut se fonder sur un savoir du même type que celui du scientifique, puisque la connaissance de ce dernier ne peut être fondée sur des jugements de valeur. Tout au contraire, l’homme politique a pour rôle de réunir le peuple et de lui donner une direction en prenant des décisions dont il assume les conséquences, quitte à ce que ces décisions ne relève pas d’un jugement de vérité et d’une connaissance parfaitement fondées.
Cette analyse conduit ainsi à se demander ce qu’il faut savoir pour gouverner. Si la thèse de Weber semble très pragmatique, en réduisant la politique à une capacité à diriger, elle paraît peut-être impliquer un renoncement dangereux à une éthique de conviction et à une vérité potentiellement essentiels pour éviter des parti-pris et des manipulations renvoyant le politique à une forme de violence inaliénable. Pourquoi évacuer ainsi l’idéal d’un gouvernement éclairé ? Comment renoncer au savoir et à l’objectivité qu’il devrait garantir dans les décisions de gestion de la communauté politique ?
Nous nous attacherons ainsi à montrer tout d’abord qu’il paraît nécessaire de fonder la politique sur un savoir scientifique rendant indissociables le vrai et le bien. Puis nous tenterons de pointer le risque d’une telle exigence, tant ce savoir semble être un idéal utopique qui, s’il était atteint, ne garantirait pas nécessairement qu’il soit compris et accepté par tous. Nous en viendrons alors à prôner une réduction du savoir politique à un art de gouverner entièrement destiné à conserver la stabilité de la société.
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